infanticide

Le meurtre d’un enfant?

Le néonaticide est défini comme le meurtre d’un enfant de moins de 24 heures. Si l’évolution des moeurs et des méthodes contraceptives ont significativement réduit leur nombre dans nos sociétés occidentales, on en dénombre toujours près de 70 cas par an. Le caractère atroce de tels actes a longtemps impliqué qu’ils soient justifiés par le statut économique et social précaire des femmes, explication aujourd’hui largement controversée. Il semble aujourd’hui que le néonaticide puisse trouver sa source dans des processus psychologiques complexes et très liés ? l’inadéquation du déroulement de la grossesse…

Complément de lecture du 04 Août 2012:

Retrouvez l’interview donnée pour le journal en ligne Atlantico au sujet de l’infanticide concernant les facteurs psychologiques à l’oeuvre dans l’infanticide

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Les conséquences psychologiques de l’abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel pour les victimes

Un tremblement de terre judiciaire et médiatique a secoué dernièrement notre actualité: Le conseil Constitutionnel a décidé de l’abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel. Les procédures en cours sont abandonnées, le délit de harcèlement sexuel n’est plus reconnu juridiquement et tandis que de nombreux mouvements féministes se rassemblent pour manifester leur mécontentement, les victimes sont démunies.

Cet article vise à donner des pistes de réflexion sur le harcèlement sexuel et ses conséquences pour les victimes. Il souligne également les conséquences de cette abrogation sur les mécanismes psychologiques (mécanismes de défenses) susceptibles d’émerger.

Retour sur le phénomène du harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel, chacun en a une définition approximative. Que celle ci diffère selon qu’il s’agit d’un homme, d’une femme, d’un accusé, d’une victime, les frontières de définition évoluent mais le coeur du propos demeure: il s’agit d’un ensemble d’actes ou sous entendus, effectués de manière répétée, ayant une conotation de nature sexuelle vis à vis d’un individu, homme ou femme, placée dans un rapport de subordination.
Se développant particulièrement dans le cadre des relations professionnelles, le harcèlement a pendant longtemps été tu par les victimes, du fait de l’emprise sociale du responsable hiérarchique et du sentiment de dévalorisation sociale qu’il construit (les compétences professionnelles sont alors placées au second plan, créant un sentiment d’inutilité, voire d’incompétence chez les victimes). Avec le temps et sous l’impulsion des mouvements de défenses des femmes notamment, le harcèlement sexuel a été de plus en plus dénoncé, jusqu’à bousculé les frontières juridiques. Ainsi depuis 2002, lorsque le harcèlement sexuel avait lieu dans le cadre des relations de travail, c’était au présumé harceleur de prouver que ses actes n’étaient pas de nature à entrer dans le cadre de la loi.

Les raisons de l’abrogation de la loi sur le harcèlement sexuel

Ce revirement brutal et inattendu du milieu judiciaire a été largement traité par les médias nationaux et il n’est pas utile à notre propos de revenir plus longuement sur cet épisode technique. Aussi nous rappelerons uniquement le coeur du problème soulevé par le conseil constitutionnel: les imprécisions du texte juridique pouvaient donner lieu à des interprétations trop larges de la loi qui in fine pouvait être utilisée à tort et même de manière abusive.

Il est vrai qu’au même titre que les accusations de pédophilie ou d’agressions sexuelles sur mineurs lors de certaines procédures de divorces conflictuelles et visant à conserver la garde des enfants, le délit de harcèlement sexuel pouvait, dans une certaine mesure devenir une épée de Damoclès particulièrement facile à mobiliser lors de situations professionnelles tendues.

Au coeur de cette imprécision, la qualification et l’interprétation de certains actes (sourires, attentions, plaisanteries, sous entendus plus ou moins explicites).

Les conséquences de l’abrogation de la loi contre le harcèlement sexuel

En attendant qu’un nouveau texte de loi soit étudié, rédigé et officialisé, le délit de harcèlement sexuel n’existe plus rendant toute instruction judiciaire impossible face à ce type d’actes. La vraie question qui émerge alors est celle des conséquences sur les victimes présumées dont les procédures ont été annulées ou ne verront pas le jour.

L’importance de la parole et de la dénonciation dans le processus de reconstruction des victimes

Etre victime, c’est avant tout subir l’agression de l’autre. Le sentiment d’impuissance, la confusion, la culpabilit? de ne pas avoir su r?sister ou de penser qu’on peut avoir provoqu? d’une certaine mani?re la situation traumatisante sont au coeur de la r?alit? des victimes de harc?lement sexuel et plus largement d’agression sexuelle. Le fait de prendre la parole, de t?moigner, de lib?rer par la parole cette situation est une ?tape essentielle qui conduit ? ne plus se dire victime, ? refuser cet ?tat. Dans le cas du harc?lement sexuel ces ?l?ments rev?tent en outre une connotation d’ordre social importante lorsqu’il prend place dans le cadre d’une relation de travail.

Le silence est particuli?rement lourd ? porter pour les victimes qui ont tendance ? s’y enfermer: peur des repr?sailles au niveau professionnel, peur d’avoir « mal interpr?t? » les agissements du harceleur, peur du regard que portera l’entourage direct,… les raisons sont multiples pour ne pas r?v?ler ce type d’agissements.

Tandis que l’ensemble du processus l?gislatif et social tendait ? favoriser cette d?marche de lib?ration de la parole autour du harc?lement sexuel, ce coup d’arr?t du Conseil Constitutionnel pose la d?licate question de la cr?dibilit? du t?moignage des « pr?sum?es » victimes. Or s’il est tr?s probable qu’une nouvelle loi verra prochainement le jour, il n’en demeure pas moins que cette d?marche de refus du statut de victime est rendu plus complexe, notamment pour les victimes dont les proc?dures ont ?t? annul?es ou celles n’ayant pas encore d?nonc?es de tels agissements.

Comment les victimes peuvent elles d?passer les cons?quences de l’abrogation de la loi sur le harc?lement sexuel?

Il est certain que seul un nouveau dispositif législatif pourra réellement palier aux conséquences de cette décision. Pour autant il est essentiel et même complémentaire que les victimes de harcèlement sexuel parviennent à rompre l’isolement dans lequel ce type de situation les place et les laissent la plupart du temps démunies. Exprimer ses inquiétudes, ses interrogations, ses souffrances, auprès de proches, de structures d’aides aux victimes, de psychologues, sont les premiers pas qui permettent de sortir d’un mécanisme du silence qui ne peut en aucun cas permettre de dépasser ce type d’épreuves. Toutes les victimes que j’ai pu rencontrer en entretien de thérapie individuelle m’ont indiqué au moins une fois que le fait d’exprimer ce type d’acte était aussi bénéfique que difficile. Etre capable d’exprimer ses difficultés face à une situation de harcèlement sexuel vécue comme dégradante ou stigmatisante est une réelle ?preuve. Parvenir à franchir ce cap est la première étape vers une reconstruction de soi, au delà même des condamnations judiciaires.

Annexe: Ce que disaient les textes en matière de harcèlement sexuel

Code pénal

Article 222-33 du Code pénal

Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.

Code du travail

Article L. 1153-1

Les agissements de harcèlement de toute personne dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers sont interdits.

Article L. 1153-5

L’employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement sexuel.

Article L. 1154-1

Lorsque survient un litige relatif à l’application des articles L. 1152-1  à L. 1152-3 et L. 1153-1 à L. 1153-4, le candidat à un emploi, à un stage ou à une période de formation en entreprise ou le salarié établit des faits qui permettent de présumer l’existence d’un harcèlement.

Au vu de ces éléments, il incombe à la partie défenderesse de prouver que ces agissements ne sont pas constitutifs d’un tel harcèlement et que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.

Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d’instruction qu’il estime utiles.

Mise à jour du 22 Septembre 2012:

Depuis le 8 Aout 2012 un nouveau projet de loi concernant le harcèlement sexuel au travail a été rédigé. Ce dernier se caractérise par le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant ou créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. La relation hiérarchique n’est pas obligatoire pour caractériser un harcèlement sexuel. Les sanctions encourues vont de la sanction disciplinaire à 2 ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende. Pour obtenir plus d’information sur le harcèlement sexuel au travail vous pouvez consulter les fiches pratiques dédiées du service public.

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Recherche en psychocriminologie: problématique sexuelle

Cet article synthétise les éléments théoriques majeurs d’une étude que j’ai réalisée sur la population des détenteurs d’images pédo pornographiques a priori non agresseurs.

Les détenteurs d’images pédo pornographiques a priori non agresseurs sont encore majoritairement considérés comme des pédophiles à part entière. Néanmoins certains auteurs mènent depuis quelques années une série de recherches visant à mieux en cerner les spécificités et tentent finalement d’aborder l’idée qu’ils pourraient présenter des problématiques propres. Il devient alors important de se détacher des amalgames lexicaux souvent pratiqués par les médias. Tentons d’aborder brièvement les distinctions entre ces différents termes afin de pointer la multitude des profils psychologiques qui se retrouvent trop souvent assimilés.

La principale caractéristique définissant cette population est qu’elle regroupe des individus accédant, au moyen de leur ordinateur et d’Internet le plus souvent, à des images de nature sexuelle plus ou moins explicites mettant en scène des enfants. Il est particulièrement difficile d’évaluer l’étendue du phénomène de la pédo pornographie tant le développement et la prolifération de cette dernière semblent favorisés par les possibilités technologiques modernes, Internet et l’ADSL en tête. Néanmoins les études révèlent que ces images montrent des enfants de tous âges et des pratiques sexuelles allant de  » la simple photo naturiste  » à des scènes sadiques de tortures (Beech et al., 2008). Au-delà des difficultés de définition que pose cette image pédo pornographique, il semble ainsi émerger de réelles divergences, notamment concernant la place de cette pratique pour les délinquants sexuels utilisant Internet (typologie de Krone, 2004) ou le type d’images visionnées (typologie Copine de Taylor, 2001 ; Typologie SAP, 2002).

Pourtant au-delà de ces dernières, une spécificité commune semble pouvoir apparaitre : le recours à des pratiques de collections. Ces dernières sont la plupart du temps particulièrement fournies, organisées et conservées précieusement par l’individu (Lanning, 2001). De plus un souci plus ou moins marqué semble être apporté à la sélection des clichés afin de donner à la collection une dimension thématique ou narrative. Les phénomènes de collection semblent difficilement explicables poussant certains auteurs tels que Taylor et Quayle (2001) à relever qu’il existe probablement autant de motivations que d’individus. Néanmoins ils soulèvent une distinction majeure : il semble que ces dernières, bien que particulièrement utilisées en support à des pratiques sexuelles solitaires, puissent être utilisées pour des motifs non sexuels.

De plus il semble que les caractéristiques d’Internet puissent jouer un rôle prépondérant dans ces comportements de téléchargement compulsifs, aussi bien du fait de caractéristiques intrinsèques (accessibilité du matériel pédo pornographique, anonymat relatif, gratuité d’une part importante des contenus, systèmes d’échanges de fichiers P2P et Chat bien développés,…) que des spécificités des interactions Homme-Machine ainsi permises. Quayle et Taylor (2003) ont d’ailleurs exposé un modèle d’utilisation problématique d’Internet chez les individus avec des attirances sexuelles pour les enfants menant à ces conduites de téléchargement compulsif de pédo pornographie.

Aussi le recours à l’image pédo pornographique semble pouvoir être envisagée autrement qu’à travers sa seule dimension sexuelle. Dans un précédent travail (Moins, 2008) nous avions soulevé la possibilité que les détenteurs d’images pédo pornographiques a priori non agresseurs aient recours à l’image pour palier des carences en détails et en intensité au niveau de leurs fantaisies. Ainsi une défaillance d’ordre psychique aurait besoin d’être comblée par un recours comportemental aux images afin de pouvoir faire naitre une excitation sexuelle. Nous souhaitions ainsi nous écarter du caractère purement sexuel de ce support pour envisager l’image pédo pornographique sous un angle légèrement différent de celui traditionnellement retenu.

Il est en outre intéressant de s’intéresser à l’articulation de cette dernière dans le fonctionnement plus global de cette population. Le lien semblant unir l’image pédo pornographique et les fantaisies sexuelles laissent à penser que les agresseurs d’enfants auraient recours à des fantaisies sexuelles majoritairement déviantes lorsqu’ils se trouvent dans un état d’affect négatif et à des fantaisies sexuelles majoritairement non déviantes lorsqu’ils se trouvent dans un état d’affect positif (Knight et Prentky, 1990). La nature exclusivement déviante des fantaisies sexuelles des détenteurs d’images pédo pornographiques semblant nettement remise en cause (Sheldon et Howitt, 2008), il est intéressant d’étudier les fantaisies sexuelles dans leur globalité.

Les fantaisies sexuelles ont pour vocation d’être sexuellement excitantes comme l’indique McKibben (1993) et pour cela elles semblent prendre la forme de scénarios assez structurés, que l’étude de Loonis (1999) permet de mieux comprendre. Il apparait qu’au-delà de la dimension d’excitation sexuelle, les fantaisies sexuelles peuvent avoir des roles de nature non sexuelle, notamment chez les individus aux comportements sexuels déviants. Ainsi la nature sexuelle des fantaisies pourrait être utilisée comme un moyen de décharger une excitation de type non sexuel chez certains individus de populations sexuellement déviantes (modèle SFFM de Gee, Ward et Eccleston, 2003). Ce modèle expose notamment des liens entre les fantaisies sexuelles et la fonction de régulation de l’affect et les stratégies de coping. Cette utilisation non sexuelle des fantaisies sexuelles, ou plus précisément cette utilisation du sexuel pour des motifs non sexuels est particulièrement intéressante à étudier.

Certaines recherches relèvent dans la population pédophile que le recours à l’agression et aux fantaisies sexuelles pourraient émerger lors de la survenue d’affects négatifs ou de conflits (Nicole, McKibben & Guay, 2007). De plus Ward et al. (1995) semble avoir repéré deux procédures délictuelles chez les agresseurs sexuels d’enfants : la première liée à des affects négatifs, la seconde liée à des affects positifs, toutes deux suivis par l’émergence de fantaisies sexuelles. Ainsi la variation de l’humeur, entendue ici comme la modification positive ou négative du niveau d’affect habituel perçu par l’individu semble pouvoir jouer un rôle déclencheur dans l’émergence de fantaisies sexuelles et de comportements sexuels.

A la vue de ces différents travaux il nous semble qu’un travail particulièrement intéressant pouvait être mené sur l’articulation entre les conditions d’émergence des fantaisies sexuelles et le recours à l’image pédo pornographique en tant que comportement.

La problématique émergeant ici est de déterminer si une séquence délictuelle peut exister chez les détenteurs d’images pédo pornographiques a priori non agresseurs, liant le recours à l’image pédo pornographique, les variations de l’humeur, et l’émergence de fantaisies sexuelles. La nature sexuelle des images pédo pornographiques ainsi que les caractéristiques d’Internet pourraient alors être des dimensions centrales dans les stratégies d’ajustement et de gestions des affects.

Si tel était le cas, nous pourrions envisager l’idée que les détenteurs d’images pédo pornographiques a priori non agresseurs adopteraient des stratégies inappropriées de gestions des affects et des conflits qui les pousseraient à trouver à travers des procédés de sexualisation des moyens détournés d’évacuer les tensions créées. D’après la thèse que nous soutenions précédemment (Moins 2008) selon laquelle ces individus éprouveraient des difficultés à faire émerger spontanément des fantaisies sexuelles suffisamment détaillées pour être excitantes, la variation de l’humeur pourrait trouver à travers le recours à l’image un moyen privilégié d’expression. La décharge de tension qui en découlerait pourrait alors renforcer ce mécanisme.

Toutefois l’excitation générée par les affects étant gérée par une excitation d’un autre ordre, il pourrait en résulter un retour au calme et non l’obtention d’une satisfaction au sens des travaux de Fain. Ce procédé pourrait aboutir à une répétition mécanique du comportement, expliquant le qualificatif d’addictif (Griffiths, 1998), ou de procédé auto calmant (Szwec, 2004).

Indications bibliographiques

Beech, A. Elliott, A. And al. (2008). The internet and child sexual offending: A criminological review. Aggression and Violent Behavior, Trends and Issues in Crime and Criminal Justice, 279, 1-6. 13, 216-228.

Krone, T. (2004). A typology of online child pornography offending. Trends and Issues in Crime and Criminal Justice, 279, 1-6.

Taylor, M. Holland, G. and Quayle, E. (2001). Typology of Paedophile picture collections. The Police Journal, 74, 97-107.

Sentencing Advisory Panel (2002). The Panel?s advice to the Court of Appeal on offenses involving child pornography. Retrieved, October 21, 2006 from www.sentencing-guidelines.gov.uk/docs/advice_child_porn.pdf

Lanning, K. V. (2001). Child Molesters: A Behavioral Analysis. National Center for Missing & Exploited Children, National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC), U.S. Departement of Justice (Office of Juvenile Justice and Delinquency Prevention). www.missingkids.org/enUs/publications/NC70.pdf

Taylor, M. Holland, G. and Quayle, E. (2001). Typology of Paedophile picture collections. The Police Journal, 74, 97-107.

Quayle, E. & Taylor, M. (2003). Model of Problematic Internet Use in People with a Sexual Interest in Children. CyberPsychology & Behavior, 6 (1), 93-106.

Moins, A. (2008). Des images pour partenaire : Une étude sur l’impact des rêveries diurnes dans le processus d’excitation des détenteurs d’images pédo pornographiques supposés non agresseurs. Mémoire de M1, laboratoire Ipsé, Nanterre Paris X, Tome 1 & 2.

Knight, R.A., & Prentky, R.A. (1990). Classifying sexual offenders: The development and Corroboration of taxonomic models. In H.E. Barbaree, W.L. Mashall, & D.R. Laws (Eds.) Handbook of Sexual Assault: Theories and Treatment of the Offender. (pp. 23-52). New York: Plenum. Cité par: Looman, J. (1995). Sexual fantasies of child molesters. Canadian Journal of Behavioural Science, 27, 321-332

Sheldon, K. and Howitt, D. (2008). Sexual fantasy in paedophile offenders: Can any model explain satisfactorily new findings from a study of Internet and contact sexual offenders. Legal and Criminological Psychology, 13, 137-158.

McKibben A. (1993). L’évaluation des fantaisies sexuelles. In J. Aubut, coll, Les agresseurs sexuels : Théorie, évaluation et traitement, 89-97. Paris : Maloine

Loonis, E. (1999). Approche structurale des fantasmes érotiques. Evolution psychiatrique, 64, 43-60.

Gee, D., Ward, T., & Eccleston, L. (2003). The function of sexual fantasies for sexual Offenders: A Preliminary Model. Behaviour Change, 20 (1), 44-60.

Nicole, A., McKibben, A., Guay, J.P. (2007). Des stratégies de gestion des affects et des fantaisies sexuelles déviantes pour prévenir la récidive. In Tardif, M. (Ed.). L’agression sexuelle : Coopérer au-delà des frontières, pp : 195-212. Montréal : Cifas-Institut Philippe-Pinel.

Ward, T., Louden, k., Hudson, S.M. et Marshall, W.L. (1995). A descriptive model of the offence chain for child molesters. Journal of Interpersonal Violence, 10, 452-472. Cité par: Proulx, J., Perreault, C., Ouimet, M., et Guay, J.P. (1999). Les agresseurs sexuels d’enfants : scénario délictuels et troubles de la personnalité. In J. Proulx, M. Cusson, et M. Ouimet, Les violences criminelles, chapitre 9, pp. 187-216. Québec : Les Presses de l’Université Laval.

Griffiths, M. (1998). Internet addiction : does it really exist. In J. Gackenbach. Psychology and the Internet: Interpersonal, interpersonal, and transpersonal implications, New York, Academic Press. Cité par: Quayle, E. et Taylor, M. (2002). Paedophiles, Pornography and the Internet: assessment issues. British Journal of Social Work, 32, 863-875.

Szwec, G. (2004). Les procédés autocalmants en psychosomatique et en psychiatrie de l?enfant. Neuropsychiatrie de l’enfance et l’adolescence, 52, 410-413.

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Le viol conjugal et le psychologue

Aujourd’hui est lancé une campagne nationale contre le viol conjugal. Les cas de violence ou d’ agression sexuelle au sein du couple sont depuis toujours très difficilement surmontées par les victimes. Il s’agit d’actes particulièrement traumatisants. Près de 30% des viols déclarés sont perpétrés par le conjoint, 1 femme sur 5 subissant ce type d’agressions tente de mettre fin à ses jours… Les chiffres du viol conjugal sont des révélateurs d’une des manifestations les plus violente de difficultés au sein du couple. Des mécanismes ambivalents très puissants sont à l’oeuvre et tendent à confiner la victime dans un sentiment de culpabilité et de dépendance face à l’emprise du compagnon. Dans ce cadre relationnel particulièrement tendu le bien fondé des thérapies de couple peut être questionné.

Quel role joue le psychologue dans la problématique du viol conjugal?

Le psychologue intervient à trois niveaux. Tout d’abord il permet à la victime de s’exprimer, de comprendre les mécanismes à l’oeuvre et d’entamer un travail de reconstruction.
Le psychologue intervient également auprès du conjoint violent, soit dans le cadre d’injonctions de soin, soit sur sa propre initiative.
Enfin la dynamique de violence peut être entreprise dans le cadre plus spécifique d’une thérapie de couple. (dans la continuité des thérapies de couple du cabinet de psychologie)

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Le viol et le psychologue: réflexions suite à l’interview dans le Figaro du 06 Juillet 2011

Une journaliste du Figaro a souhaité obtenir certains éclaircissements relatifs aux mécanismes à l’oeuvre chez les victimes d’ agressions sexuelles. L’interview prenant place dans le contexte sensible des accusations envers DSK, je profite de cette occasion pour apporter differents compléments d’analyse dans cet article. Il sera suivi d’ autres billets sur le thème de la psychologie du viol.

Le scandale de l’affaire DSK a été relancé en France par les accusations de Tristane Banon à l’encontre de l’ex-directeur du FMI, propos nettement relayés par les organismes de presse et l’ensemble des médias. Face aux interrogations nombreuses entourant la véracité des faits, j’ai été sollicitée par le Figaro pour répondre à quelques questions relatives aux victimes d’ agressions sexuelles en général. Evidemment je ne me permets en aucun cas de porter une opinion sur le crédit à apporter aux dires de Madame Banon qui font l’objet d’ une enquête, ne connaissant des faits que ce que les médias en ont relaté. Les morceaux choisis de cette entrevue ont été publiés dans l’édition du 6 Juillet 2011. ( vous pouvez visualiser l’intégralité du reportage ou visiter le site du figaro.fr)

Afin de décrire les mécanismes que peuvent adopter les victimes de viol ou d’ agressions sexuelles et d’étudier en quoi le travail avec un psychologue est fortement préconisé je débuterai par reprendre en substance les éléments tels qu’ils ont été présentés dans le quotidien en y apportant certains commentaires préalables.

LE FIGARO. – Quels mécanismes psychologiques conduisent une victime à porter plainte des années après les faits ?

Alexandra MOINS.- On peut tout d’abord relever le degré de proximité avec l’agresseur. On a beaucoup plus de mal à porter plainte contre quelqu’un de sa famille, de son voisinage, un collègue de bureau que contre un anonyme. La première explication à ce phénomène est la peur: celle des représailles, des relations au quotidien et du regard des autres.

LE FIGARO. – Mais quand l’agresseur présumé est un personnage public ?

Alexandra MOINS.- Le pouvoir et les pressions que peuvent évoquer un personnage public complique encore plus les choses car la victime s’expose au regard de l’opinion entière et plus seulement de son entourage. Les enjeux sont plus grands, la responsabilité aussi et la victime sait que sa crédibilité sera dix fois plus mise en doute car on sera beaucoup plus attentif à vérifier l’authenticité des faits.

Devoir réévoquer l’agression, donc la revivre, et, par surcroit, le faire de manière publique, c’est beaucoup de pression et c’est souvent pourquoi les plaignantes hésitent longtemps avant de se lancer dans une procédure judiciaire, voire ne le font pas du tout. Surtout si leur entourage familial n’est pas là pour les soutenir.

LE FIGARO. – Comment expliquez-vous la désinvolture que l’on reproche à Tristane Banon lorsqu’elle évoque les faits présumés dans l’émission de Thierry Ardisson ?

Alexandra MOINS.- La banalisation des actes traumatiques est un mécanisme de défense bien connu. C’est un moyen de se réapproprier les événements, de se constituer une carapace, une façon de mettre émotionnellement à distance des événements douloureux que, souvent, on a seulement partiellement reconnus et pour lesquels on éprouve toujours un sentiment de culpabilité.

Commentaires préalables
Sans entrer dans la polémique naturelle que suscite ces thèmes de grande actualité, j’aimerai apporter certains commentaires à ces propos afin qu’ils ne soient pas sortis de leur contexte.

En aucun cas les éléments repris ci dessus ne doivent être perçus comme un plaidoyer en faveur de la victime supposée de l’affaire Banon. Bien que les questions s’appuient logiquement sur un cas à la une de la presse, les propos visent à mettre à jour certains aspects de victimes avérées d’agressions sexuelles. Cette intervention sur les mécanismes psychologiques n’intervient donc pas dans à proprement parler dans un cadre expertal où le psychologue doit se prononcer sur le degré de plausibilité d’ accusations.
En outre ils ne constituent que certaines clés d’ analyses, telles qu’elles m’ont été donnée d’ observer dans ma pratique. Bien entendu et comme il est essentiel de le rappeler ces éléments ne sont absolument pas systématiques et dépendent de très nombreux facteurs psychologiques.

Enfin le phénomène de banalisation évoqué ici est beaucoup plus complexe qu’il n ‘y parait, peu d’ études y faisant référence et mon analyse. J’y reviendrais plus longuement.